Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Thornytorinx de Camille de Peretti (addiction alimentaire)

14 Janvier 2009, 09:20am

Publié par Rêve

J'ai appris dans une émission sur canal ("Alerte dans nos assiettes") que les rats à qui on laissait le choix préféraient la sacharine à la cocaïne : le sucre a un pouvoir addictif plus fort que les drogues artificielles. Et la nourriture industrielle est trop riche en sucres, ainsi qu'en sel et en graisses.



Il commence par : "J'ai vomi partout. Partout où j'ai pu. Autant que j'ai pu. N'importe où, n'importe quoi, n'importe quand."

J'ai lu le petit livre de Camille (paru en 2005) qui parle de son expérience de la boulimie - anorexie ("manger plus pour vomir plus") :
Recherchant à tout prix la minceur (elle pèse 50 kg pour 1m71 et ne supporte pas de peser 55 kg)
pour être une jolie princesse douée (elle est une brillante élève khâgneuse puis réussit le concours de l'ESSEC)
et attirant les regards (elle a aussi une addiction aux chaussures et aux vêtements à la mode),
et donc pour être certaine d'être aimée,
elle sera vite prisonnière du contrôle quotidien qu'elle s'impose en cachette(rituel de la balance, table des calories apprises par coeur, jeûnes puis vomissements de tout ce qu'elle avale) .
Le Thornytorinx - son système digestif - est une métaphore de ce corps  interieur étranger qui prend le pouvoir, l'incite à vomir et la différencie de son entourage (qui ne voit rien).
Elle commencera à aller mieux lorsqu'elle prendra conscience qu'elle va mal et qu'elle parlera de ses problèmes alimentaires à sa mère et sa soeur qui la considèrent comme un modèle de perfection. Psychothérapie et antidépresseur. Puis elle s'autorisera à se mettre en colère. Et s'assumera telle qu'elle est.

Extraits :

" Au départ, pour moi, il n'était question que de vomir ce que j'avais mangé <en trop>. Mais j'ai vite compris que ça ne servait à rien de rendre un biscuit. En plus l'opération se révélait difficile et douloureuse. Quand vous n'avez mangé qu'un seul biscuit depuis six heures, votre corps s'y accroche à ce biscuit. Il le veut, il le garde, et vous enragez au-dessus de la cuvette des toilettes parce que mon Dieu vous savez bien que vous n'auriez jamais dû le manger ce foutu biscuit mais maintenant que le mal est fait et que vous êtes là à genoux, pécheresse, qu'arriverait-il si ce dernier recours de repentance vous était enlevé ? Comment faire pour le sortir de vous, ce biscuit ? "

"Quand une envie se déclarait, il fallait l'assouvir dans la demi-heure, je pouvais manger jusqu'à dix petits pains au chocolat à la file. Je n'attendais jamais que ma bouche ait cessé d'être pleine, je les gobais les uns après les autres, en marchant très vite dans la rue avec un sourire au lêvres de fille saine qui avait vraiment envie de manger un pain au chocolat et qui se régalait. (...)
 Etre belle ou mince , peu importe, du moment  que l'on est admirée. Et moi qui allais bientôt me mettre deux doigts au fond de la gorge pour me persuader que j'étais plus forte que les autres, j'étais si banale.
Sous le ciel de Paris, mes pains au chocolat un à un engloutis, je ralentissais le pas, j'avais une demi-heure pour trouver un endroit stratégique et vomir dans l'anonymat.(...)
Je tirais la chasse et j'en profitais pour faire disparaitre toutes les traces de ma folie. J'ouvrais la porte avec précaution, quelle joie quand il n'y avait personne, c'était comme à la fin d'un film d'espionnage quand on sait que le héros est hors de danger. Alors je me lavais les mains,  conciencieusement, plusieurs fois, je me passais de l'eau sur le visage, j'arrangeais mes cheveux et je me mettais du rouge à lêvres. Mes yeux, pendant ce temps, quittaient leur couleur ensanglantée et revenaient à leur bleu initial. Je remontais l'escalier, triomphante. Un dernier sourire au méchant patron et je sortais en m'allumant une cigarette. Mission accomplie."

"J'ai toujours été une gentille sérieuse qui fait tout bien pour faire plaisir. J'ai toujours pensé que l'excellence me vaudrait la reconnaissance, voire l'amour universel. Je me suis trompée, parce que tout ce qui compte dans la vie, c'est de devenir qui l'on est. Ca ne sert à rien d'être une docile travailleuse, il vaut mieux apprendre à envoyer chier tout le monde."

"Au bout de quatre mois, je n'en pouvais plus. Ils me saoulaient tous, je les haïssais. Je me suis sentie invincible tout à coup. A force de trop de solitude, je rêvais d'exploser leurs sales gueules contre des murs de pierres pointues. Je vomissais leur politesse et leurs infinies courbettes.(...) de la violence, bon sang ! un peu de haine par pitié ! "

Commenter cet article

petit scarabée 15/01/2009 21:25

tu me le prêtes?

Rêve 15/01/2009 22:29


voui