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Chroniques de l'asphalte (1) de Samuel Benchetrit

20 Janvier 2009, 18:19pm

Publié par Rêve

J'ai bien retrouvé la restitution d'une ambiance, entre baroud d'honneur et vie misérable, de "j'ai toujours rêvé d'être un gangster", dans ces petites chroniques de l'auteur
ses souvenirs de banlieue, ses rêves "d'asphalte et de néons", le ton de douce ironie et les dialogues réussis (on sent qu'il écrit aussi pour le théatre), les relations amicales entre potes, les premiers émois amoureux et sexuels, les deals improbables, il y a même le chien Marley...

Extraits :


"Si parfois la vie peut nous protéger de certaines humiliations, et si les hommes peuvent à tout moment aspirer à la tolérance, ce ne fut pas le cas cette fois-ci."

"Quand Dédé descendait de la benne, il était plutôt gêné, faut dire que tout le monde se foutait de sa gueule. Et comme sa seule façon de s'en tirer c'était la dignité, il nous disait à chaque fois :
- ça va...y'a pas de honte !"

"(Un jour, Dédé avait été choisi pour jouer Roméo et Juliette à l'école pour un spectacle de fin d'année. Bien sûr, il jouait Roméo. Juliette étant interprétée par une fille des quartiers pavillonnaires. Une fille moche. En gros, Dédé s'était pointé habillé comme un con, devant tout le collège. Nous, on s'était tranquillement installés au premier rang. Avec des pop-corns et tout. Le genre, on est prêts à bien se foutre de ta gueule Dédé. Il l'avait senti, et après que Juliette lui eut déclaré son amour, il avait tellement honte, qu'au lieu de sortir son texte, Dédé avait préféré lui mettre une droite. Viré du spectacle. Viré de l'école. Et un dégoût éternel pour le théatre.)"

"Pour nous, de se demander des cigarettes, c'était comme de dire bonjour, même si t'en avait un paquet plein dans ta poche, fallait toujours en mendier une à celui que tu croisais. En général, on refusait et il fallait que le mec insiste longtemps, c'était comme un concours de pitié :
- Salut, t'as pas une clope ?
- Non
- Allez, file-m'en une, je sais que t'en as.
- Je te jure que j'en ai pas
- Vas-y...Je te paie un paquet.
- Ben t'as qu'a t'en payer un à toi, comme ça t'en auras.
- Ouais mais là j'ai pas de fric.
- Ben alors comment tu peux me payer un paquet ?
- Je vais avoir du fric demain
- Ben tu fumeras demain alors
- D'accord, mais en attendant file moi une clope s'il te plait
- Je te dis que j'en ai pas.
Et là-dessus le mec qui suppliait sortait son paquet de clopes pour s'en allumer une et le dialogue reprenait mais dans l'autre sens."


"Peter était vraiment le type le plus parfait du monde. Je vous jure, ce gars était vraiment en train de réussir sa vie devant nous, pauvres minables."

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elodie 21/01/2009 20:59

Raa il est vraiment bien ce livre, je l'ai preferé au deuxieme d'ailleurs

Rêve 21/01/2009 23:08


le deuxième existe en poche ??