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La méthode Schopenhauer de Irvin D. Yalom

25 Mars 2009, 18:51pm

Publié par Rêve

Julius est psychiatre et il apprend que son mélanome ne lui laisse qu'une année à vivre en bonne santé.
Alors il décide de continuer le groupe de thérapie dont il a la charge, en y invitant un ancien patient, qu'il n'avait pas réussir à soigner il y a vingt ans de son addiction au sexe, Philip, qui veut devenir psychothérapeute/conseil en philosophie parce que Schopenhauer l'a aidé (lui).

Ce livre est à la fois une psychobiographie : présentation de la vie et l'oeuvre de Schopenhauer-précurseur de Nietzsche et Freud- (parfois redondante),
une oeuvre de pédagogie psychothérapeutique : présentation des thérapies de groupes (intéressante),
une fiction
un portrait humain d'un thérapeute (attachant),
un questionnement sur la confrontation à la mort, apprendre à mourir (universel).

L'auteur est psychiatre. J'avais beaucoup aimé un de ses livres précédents "mensonges sur le divan".

EXTRAITS :

"Julius comprit les paroles de Nietzsche comme une injonction à choisir sa propre vie, à la vivre plutôt que d'être vécu par elle."(...) le message de Nietzsche était de vivre notre vie de telle sorte que nous accepterions de la recommencer éternellement."

"Philip souhaitait sincèrement régler ses problèmes. Il était stimulant, vif et loin d'être bête. Mais profondément antipathique. Julius acceptait rarement de s'occuper d'un patient qu'il n'aimait pas, mais il savait pertinement que rien de personnel n'entrait dans l'antipathie que lui inspirait Philip : n'importe qui l'aurait détesté, il n'y avait qu'à voir la totale absence d'amis dans sa vie."

"Ecoutez, philip, je serai très franc avec vous : comment voulez vous devenir psychothérapeute si vous ne savez même pas ce qui se passe, bordel de merde, entre vous et les autres?
(...) mon approche est strictement interpersonnelle. Je pars du principe que chaque membre est dans le groupe parce qu'il a des difficultés à établir des relations solides (...) le groupe travaille de manière anhistorique : on se concentre sur le maintenant - nul besoin d'enquêter en profondeur sur le passé de chaque membre -, sur ce qui se passe dans le groupe, et sur le ici : on oublie ce que les autres membres estiment avoir raté dans d'autres relations, car je pars de l'idée qu'ils auront au sein du groupe le même comportement que celui qui leur a posé problème dans la vie de tous les jours. Je crois, enfin, qu'ils appliqueront à leurs relations extérieures ce qu'ils auront appris de leurs relations au sein du groupe."

"Pour qui dirige un groupe, l'un des plus grands bénéfices annexes - qui n'est jamais mentionné dans la littérature professionnelle - est qu'une thérapie de groupe efficace guérit souvent aussi bien le psychothérapeute que ses patients. Bien qu'il se fût souvent senti apaisé après une séance, Julius ne savait pas, au juste, grâce à quel mécanisme. Etait-ce simplement parce qu'il s'oubliait pendant une heure et demie ? ou bien à cause de l'acte thérapeutique même, qui est un acte altruiste ? Ou alors du plaisir tiré de son savoir-faire, fier qu'il était de ses capacités et du regard que les autres portaient sur lui ? A cause de tout cela à la fois ? (...) s'il se sentait mieux après une séance, c'était tout simplement parce qu'il s'était plongé dans les eaux bienfaisantes du groupe"

"Tout est transitoire, se rappela-t-il, toute vie, toute expérience passe aussi sûrement et inexorablement que le paysage aperçu de la fenêtre du train. Il ferma les yeux, respira profondément et reposa la tête sur son siège. Son pouls ralentit. Il atteignit les terres accueillantes de la sérénité."

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