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La marche nuptiale d'Elena Lappin

20 Mai 2009, 11:37am

Publié par Rêve

Si vous aimez les histoires juives ironiques, si vous aimez les recueils de nouvelles, si vous souhaitez entendre évoquer la dificulté d'aimer et les relations de couple, si vous voulez survivre au désenchantement du mariage et de l'exil (est-ce la même chose ???), alors vous pouvez lire ce livre. Attention ! bien-pensants et intégristes s'abstenir !
 

EXTRAITS :

"Elle essayait de faire connaissance avec Noah, dont elle avait accepté le mode de vie si aveuglément, sans se soucier du fait qu'il était pour elle un parfait étranger. Elle faisait donc ce qu'elle avait fait depuis le jour de leur rencontre : elle l'observait, examinait la moindre de ses attitudes, écoutait chacun de ses mots. Tant que Noah demeura une énigme, il conserva le prestige nécessaire à remplir chaque minute ennyeuse de la vie pleine d'ennui de son épouse. Il était en sécurité. Mais du jour où elle découvrit le code, c'en fut fini de lui, sans même qu'il s'en rendît compte."


"Parfois elle l'observait, à la dérobée, par la vitrine de la boutique, tandis qu'il découpait en quartiers d'énormes masses sanguinolentes de cadavres d'animaux, son bras droit musculeux comme un prolongement de son corps puissant. De retour à la maison, lorsqu'elle plongea les mains dans la viande crue qu'elle venait de lui acheter, elle sentit une vague de désir pour son nouveau boucher monter en elle."

"L'agence prenait des honoraires élevés pour permettre de se rencontrer à des hommes et des femmes qui, pour une raison ou une autre, avaient renoncé à trouver un partenaire près de chez eux. Une amie avait dit à Véra que les hommes d'Europe de l'Ouest craignaient les femmmes d'Europe de l'Ouest, et se figuraient que les femmes russes étaient plus conciliantes. Qu'elles seraient satisfaites de leur nouvelle vie et ne se plaindraient pas du moment que le lot comprenait une cuisine équipée, et un mari qui n'était ni un ivrogne ni une brute. Apparemment, les hommes d'Europe de l'Ouest considéraient qu'épouser une femme russe revenait à la sauver du naufrage."


"Le poète avait décrit son épouse comme une anglaise d'âge moyen, plutôt froide, et leur mariage comme "véritable mais distant", ses traits comme "délicats, presque intouchables". Naim ne pouvait qu'acquiescer : dans la lumière crue du wagon bryant, un halo de froideur métallique flottait autour d'elle. Et pourtant, dès que leurs yeux se rencontrèrent, l'espace d'une demi-seconde, Naim sut qu'un jour il poserait ses mains fermement sur ces hanches généreuses, et sentirait leur chaleur."


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