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Sécurité

8 Mai 2011, 12:36pm

Publié par Rêve

Extraits du blog d'un sociologue Laurent Mucchielli "vous avez dit sécurité ?" :

 

"on peut d’abord interroger les opinions sur l’état de la sécurité ou sur son évolution : « pensez-vous que la sécurité est un problème prioritaire ? », ou bien « diriez-vous que la sécurité se dégrade dans notre société ? ». L’on recueille alors une opinion générale, qui a deux caractéristiques importantes. La première est qu’elle fluctue beaucoup selon les périodes : en 2002, au plus fort de la campagne électorale marquée par le thème de la sécurité, près de 60 % des personnes sondées déclaraient que la sécurité devait être une priorité du gouvernement. Lors de la campagne électorale de 2007, les personnes interrogées sur la même question étaient quatre fois moins nombreuses à faire la même réponse (environ 13 %). La seconde caractéristique est que la majorité des personnes qui expriment cette préoccupation déclarent dans le même temps qu’elles ne se sentent pas personnellement menacées dans leur vie quotidienne. On comprend ici la différence existant entre une opinion générale à connotation politique et à forte variation selon le contexte et par ailleurs un ressenti beaucoup plus stable et personnalisé (environ 8 % des personnes interrogées dans l’enquête menée en région Ile-de-France déclarent ainsi avoir peur chez elles, au début comme à la fin des années 2000)"

" La majorité des personnes qui déclarent avoir parfois peur dans leur vie quotidienne déclarent également ne pas avoir été victimes de quoi que ce soit. Le sentiment d’insécurité exprime donc principalement autre chose que l’expérience de la victimation, il exprime d’abord une vulnérabilité. La peur est ainsi liée à l’âge (les personnes âgées ont davantage peur, même si il ne leur est rien arrivé), au sexe (les femmes ont davantage peur que les hommes) et au niveau social (la précarité accroît la peur). Par ailleurs, les enquêtes montrent également que, s’agissant de leur quartier, la peur d’une partie de nos concitoyens est alimentée par ce qui leur apparaît comme des signes extérieurs de désordre et d’abandon : d’abord le bruit, la saleté, les tags, les dégradations, ensuite les regroupements de jeunes et la présence de drogue. La peur est ainsi plus forte chez les habitants des quartiers populaires où sont concentrés ces signes."

" Le sentiment d’insécurité apparaît historiquement comme une composante de l’anonymat et de la solitude de la ville, par opposition à l’interconnaissance et à la solidarité communautaire du village rural  (...) dans les petites et moyennes villes, des croissances particulièrement rapides de la population peuvent provoquer des sentiments de perte de repères et d’identité locale qui semblent renforcer encore ce sentiment d’insécurité. De même, l’étalement urbain peut amener un ancien village à devenir progressivement la banlieue d’une grande ville, ce qui génère une peur d’être comme « absorbé » par cette grande ville et rattrapé par ses problèmes, notamment sa forte délinquance ou ce que l’on croit être sa forte délinquance."

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