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18 ans-19 ans

, 17:43pm

S'envole le plaisir des rencontres incertaines
Sur le clair-obscur de la chair outragée,
Quand sue le froid du port où descend la nuit vaine
Il ne reste plus que des larmes gelées.

Accepte l'augure d'un passé trop futile,
Rame vers le rivage des complaintes cachées
Cherche dans le brouillard le monstrueux secret
Pour ajuster ton pas sur son souffle tranquille.

Tu peux rêver aussi de théatres antiques
Noyés de corruption et de calme débauche
Dans tes yeux restera le beau ciel de l'Attique
Inutile passion que ta tristesse fauche

S'envole le plaisir des rencontres incertaines
Que chantent les condors sur les ruines endormies
Dès que sur ton coeur se posera la nuit
- Il faudra bien que la mort vienne.









Je ne suis qu'une chienne au parfum de hasard
Aimant me vautrer nue sur des divans de soie
On a limé mes dents et je lêche les doigts
De tous ceux qui respirent dans mes cheveux épars.

Je ne suis qu'une chienne et je hurle à la mort
Je hurle à la lune qui est trop loin de moi
Les étoiles qui brillent ont brûlé les émois
D'un coeur trop ardent écrasé par le sort.

Je ne suis qu'une chienne que l'on voudrait soumise
Mais j'ai dans mon esprit des chaînes qui se brisent
Mes rêves sont troublés de la fureur de vivre
- Je mords qui me caresse quand mes pensées sont ivres.






Il y a dans les yeux des gens plus de synthèse que de plaisir : la gamme de leur souffrance a envahi la mer.
Partout ronronnent des machines à enfants qui jouent aux boulons dans les égouts de la mélancolie, dans le noir absent des usines perdues.
Partout des éteincelles de haine satinée.
Partout des traces de rouge à lêvres déchirées.
Partout des distinctions et des barricades incertaines qui troublent vos yeux de chiens malades...
Vous cultivez vos maux comme une plante rare/
Il faut enfin coller l'éveil sur la vitrine de vos fantasmes inertes pour trouver le vaisseau qui mènera bien loin cette larme rouillée qui s'est trop, trop perdue.
Apprenez la révolte et son champ d'allégresse, la douce violence des mots - Osez la folie et l'agressivité -
Il y a parfois dans l'air comme une odeur trop fade
Qui poursuit les oiseaux de son inconsistance.
Lorsque les comptoirs sont sulfurisés
Lorsque les couloirs moisissent en silence
Il ne reste plus qu'à tout faire SAUTER
Pour que la fête commence.





Je veux des récits en récifs : de la dynamite,
pour convertir l'espace-feu, pour resurgir les plaies plaisantes de l'innommé, pour avaler des concerts déconcertés, pour plaider l'enfer insoutenablement frêle de mes randonnées passionnelles, pour m'enfermer à la passable pulsion de véracité.
J'ai la dégaine d'un goéland perdu entre les goémons.
Parfois la liqueur tendre des quatre saisons
Déverse dans mon sang de brunes oraisons ;
S'attarde la stillation spumeuse du temps...






Tu es belle de douceur. Ta peau détend la joie.
C'est un aéroport lisse et vide qui s'ouvre sur l'eau bouillonnante de ton coeur : je m'y poserai en voyageur ailé, migrant à ton égarement.
Tes lèvres sont des courtisanes subversives à l'équinoxe de la parole. J'y croquerai un sourire entre les rides de l'illusion.
Tes pieds sont deux petits claviers fous, acceptant les méandres d'une traversée verticale, clopinant vers la promesse matutinale.
Ton nombril est un regard absent et noble, décodant la cadence cambrée, conquérant la couleur, traçant la frontière du réel.
Tes mains sont immortelles, pailletées de comètes.
Ta gorge est une porte dont j'ai perdu la clé, trahissant mon espoir pour ta vertu chantante.
Tes hanches disent la brume de la courbure, tonnelle de l'enchantement. A l'ombre de mon désir, tes hanches sont l'appel de mon désarroi.
Tes veines sont les filets de mon oubli, les barques de ma soif de toi.
Qui ne perdit son coeur dans un jardin trop las ?